Chantal Alibert :  Les antiquaires narbonnais à l’origine de la politique patrimoniale de Narbonne 
(p 87-96)

 
 

Véronique Krings et Catherine Valenti (dir.), Les Antiquaires du Midi, savoirs et mémoires XVIe - XIXe siècle

 
 

Il était une fois les Antiquaires (au sens ancien du terme) : des savants d'un genre particulier, personnages curieux d'antiquités, qui partageaient une passion pour toutes les traces du passé. L'antiquarisme commence traditionnellement à la Renaissance, connaît son apogée au XVIIIe siècle, pour être finalement condamné par l'éclosion de l'archéologie scientifique. A travers leurs collections, leurs "musées de papier" et leurs correspondances, les Antiquaires nourrissent la double préoccupation à la fois de garder trace des monuments, voire de ralentir ou de stopper leur inéluctable destruction, et d'en faire des instruments de la connaissance de l'Antiquité. Les érudits "amateurs d'antiquités" qui retiennent l'attention ici sont les Antiquaires du Midi, milieu particulièrement riche car, plus que d'autres régions, le Sud de la France est marqué par l'héritage antique. D'Arles à Narbonne en passant par Nîmes, la présence romaine a laissé des vestiges tangibles et accessibles dans le paysage - temples, théâtres, amphithéâtres qui permettent aux Antiquaires de fonder leur étude de l'Antiquité, même si certains monuments ont connu depuis la période antique une histoire plutôt mouvementée. Ce sont ces figures, dont beaucoup sont méconnues, que fait revivre ce livre. En marge de ces itinéraires singuliers, d'autres questions sont soulevées : quelle place pour les antiquités dans les savoirs et dans l'imaginaire collectif ? quelle visibilité pour ces vestiges conservés, réutilisés, dégagés ou restaurés et quel rapport avec la perception de l'héritage antique ? quelle diffusion dans et à l'extérieur de chaque cité, à une échelle régionale et au-delà ? quelles mutations consécutives à l'émergence de l'archéologie, de l'histoire de l'art, de l'épigraphie... ? "Médiateur entre le passé et la société", tel apparaît l'Antiquaire. Le lecteur est ainsi amené à réfléchir sur les modalités et les enjeux de la connaissance du passé, sur les traditions et les réceptions de l'Antiquité, à s'interroger sur les frontières parfois floues et mouvantes entre mémoires et savoirs. Contribution à une histoire des études antiquaires, le présent volume rassemble des articles d'universitaires, chercheurs au CNRS, conservateurs de musées et inspecteur des monuments historiques.

 
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